Loi 27 et la reconnaissance : une nouvelle approche du bien-être au travail

octobre 1, 2026, Dans Mobilisation et engagement des employés
La loi 27 et la reconnaissance

En santé et sécurité du travail, on s’est longtemps concentré sur les risques physiques : prévenir les blessures, créer des environnements sécuritaires et protéger les employés contre les dangers physiques. 

Depuis le 1er octobre 2026, ce n’est plus suffisant. En vertu de la Loi 27 (LMRSST), tous les employeurs québécois doivent maintenant avoir un plan de prévention qui tient aussi compte des risques psychosociaux. 

Alors que les organisations s’adaptent à cette exigence, un facteur mérite une attention particulière : la reconnaissance au travail. 

Qu’est-ce que la Loi 27 au Québec? 

La Loi 27, officiellement la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST), a été adoptée en 2021 pour mettre à jour les règles québécoises en matière de santé et sécurité au travail. Son plus grand changement : les employeurs doivent désormais analyser, identifier et prévenir les risques psychosociaux de la même façon qu’ils gèrent les risques physiques. On parle notamment de surcharge de travail, de harcèlement, d’absence de soutien et de manque de reconnaissance. Depuis le 1er octobre 2026, tous les employeurs du Québec doivent avoir leurs mécanismes de prévention en place : un programme de prévention complet et un comité de santé et de sécurité pour les organisations de 20 travailleurs et plus, et un plan d’action pour les plus petites. 

Reconnaissance et risques psychosociaux : le lien  

La place de la reconnaissance

Les risques psychosociaux sont liés de la façon dont le travail est organisé et vécu, notamment la charge de travail, l’autonomie, le soutien social, la justice organisationnelle et la reconnaissance. 

D’ailleurs, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) considère la faible reconnaissance au travail comme un facteur de risque à part entière. La reconnaissance peut venir des gestionnaires comme des collègues et prendre plusieurs formes. Que ce soit une rétroaction positive, l’appréciation des efforts de quelqu’un ou la mise en valeur de ses contributions et de ses réalisations, chaque geste compte pour le bien-être des employés. 

À elle seule, la reconnaissance ne préviendra pas l’épuisement professionnel et ne remplace pas le travail nécessaire pour s’attaquer à la surcharge, aux attentes floues ou aux mauvaises conditions de travail. Mais se sentir valorisé au travail fait partie de l’équation, et ça mérite une place dans votre évaluation des risques psychosociaux en vertu de la Loi 27. 

Comment intégrer la reconnaissance à votre plan de prévention pour la Loi 27 

En quoi la reconnaissance peut-elle contribuer à votre plan de prévention au titre de la loi 27 ?

La reconnaissance n’a pas besoin d’être compliquée. Il suffit de créer les bonnes conditions pour qu’elle se manifeste au quotidien, au-delà des programmes de reconnaissance des années de service. 

Ça peut être aussi simple que : 

  • Souligner une contribution précise lors d’une réunion d’équipe 
  • Faire le lien entre le travail de quelqu’un et son impact sur un projet, un client ou un collègue 
  • Remercier un employé pour son soutien envers un coéquipier 
  • Célébrer les progrès, pas seulement les résultats 
  • Rendre la reconnaissance plus personnalisée et significative 

L’objectif : faire de la reconnaissance une partie intégrante de la façon dont votre organisation fonctionne déjà.

1.Impliquez vos gestionnaires

Pourquoi c’est important

Repérer et prévenir les risques au travail, c’est d’abord la responsabilité de l’employeur. Mais une bonne partie de l’expérience quotidienne des employés se joue beaucoup plus près du terrain. 

Les gestionnaires interagissent régulièrement avec leurs équipes. Ils fixent les attentes, donnent de la rétroaction, soutiennent les employés dans les moments difficiles et ont d’innombrables occasions de souligner leurs contributions. 

Ce sont des acteurs clés pour créer un milieu de travail où les employés se sentent vus et valorisés. 

Le défi, c’est que la reconnaissance ne va pas toujours de soi. 

Un gestionnaire peut sincèrement apprécier la contribution de quelqu’un sans jamais le lui dire. Un autre aura tendance à ne souligner que les grandes réalisations, en oubliant les efforts constants qui font avancer l’équipe. D’autres reconnaissent souvent leurs employés, mais sans être assez précis ou personnalisés pour que le geste ait un réel impact. 

Intégrer la reconnaissance aux pratiques de gestion au quotidien peut aider à combler cet écart. Voici quelques façons d’y arriver : 

  • Sensibiliser : Les gestionnaires doivent comprendre pourquoi la reconnaissance est importante avant de la mettre en pratique. Quand ils constatent son effet sur l’engagement et la santé psychologique, ils sont plus enclins à en faire une habitude. 
  • Offrir les bons outils : Les bonnes intentions s’essoufflent sans structure. Des outils simples comme des pistes de conversation, un canal Teams dédié aux bons coups ou des rappels récurrents dans l’agenda des gestionnaires facilitent le passage de l’appréciation à l’action. 

Parce qu’une reconnaissance significative, ce n’est pas dire « beau travail » plus souvent. C’est savoir qui reconnaître, quoi reconnaître, comment rendre le geste significatif et à quel moment le faire. 

Faites de la reconnaissance un réflexe de gestion

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2.Mobilisez vos employés

Pourquoi c’est important 

Les gestionnaires ne sont pas les seuls à remarquer le bon travail. Souvent, ce sont les collègues qui le voient en premier : le coéquipier qui est venu à la rescousse pour régler le problème d’un client, celui qui a montré les ficelles du métier à un nouvel employé, celle qui fait rouler la machine quand l’équipe manque de bras. 

La reconnaissance entre pairs nourrit aussi le soutien social, un autre facteur psychosocial qui influence la façon dont les gens vivent leur travail. Et elle se répand dans toute l’organisation, sans dépendre des habitudes d’un seul gestionnaire. Quand tout le monde peut dire merci, beaucoup moins d’efforts passent inaperçus. 

Comment y arriver : faire de la reconnaissance entre pairs une habitude au quotidien 

La reconnaissance entre collègues ne s’installe pas toute seule. Pour qu’elle devienne un réflexe, les employés ont besoin d’outils simples et d’occasions concrètes de la pratiquer. 

Voici par où commencer : 

  • Simplifiez-la : Si remercier un collègue prend plus d’une minute, ça n’arrivera pas. Une plateforme de reconnaissance sociale permet aux employés de souligner un bon coup en quelques clics, à partir de leur bureau ou de leur téléphone. 
  • Rendez-la visible : Les bons coups partagés sur un fil commun montrent à quoi ressemble le bon travail et inspirent les autres à faire de même. Laissez aussi de la place aux messages privés, pour ceux qui préfèrent un merci plus discret. 
  • Liez-la à vos valeurs : Associez la reconnaissance aux comportements que vous voulez voir davantage, comme la collaboration, la sécurité ou le service à la clientèle. Ainsi, chaque merci renforce aussi la façon dont votre organisation veut travailler. 
  • Montrez l’exemple : Quand la direction et les RH sont les premiers à souligner les bons coups, les employés suivent naturellement. 

3.Revoyez vos programmes RH

Pourquoi c’est important 

La reconnaissance au quotidien crée l’habitude. Mais certains moments demandent un petit quelque chose de plus : un anniversaire de service, un départ à la retraite, un retour de congé parental, un projet qui a pris un an à livrer. 

Vos programmes officiels en disent long sur ce que votre organisation valorise. Quand une reconnaissance des années de service arrive en retard, semble générique ou ne commence qu’après 25 ans, elle peut envoyer le message contraire. Avec la Loi 27, ces programmes méritent la même attention que vos pratiques au quotidien : sont-ils équitables, constants et significatifs pour les personnes qui les reçoivent ? 

Comment y arriver : faire en sorte que chaque étape compte 

  • Évaluez la situation : Dressez la liste de tous vos programmes : années de service, cadeaux de départ à la retraite, cadeaux des Fêtes, reconnaissances ponctuelles. Vérifiez qui est admissible, à quelle fréquence ils ont lieu et qui risque de passer entre les mailles du filet. 
  • Célébrez plus de moments : Une première année de service, ça compte aussi. Tout comme les grandes étapes personnelles : un mariage, un nouveau bébé ou un retour au travail. 
  • Laissez les employés choisir : Un cadeau qui ressemble à la personne a plus de valeur qu’un article uniforme pour tout le monde. Un catalogue bien choisi permet à chaque employé de sélectionner quelque chose qui lui plaît vraiment. 
  • Automatisez la logistique : Une plateforme de cadeaux corporatifs peut faire le suivi des anniversaires, envoyer des rappels aux gestionnaires et gérer la livraison. Aucune étape n’est oubliée, et les RH n’ont plus à jongler avec des fichiers Excel. 
  • Ajoutez un message personnel : Un cadeau sans message, peut ressembler à une transaction. Quelques mots d’un gestionnaire ou d’un collègue, et ça apporte la reconnaissance à un niveau supérieur. 

 

La reconnaissance au travail, un bon point de départ 

La reconnaissance comme élément d'un environnement de travail plus sain

La Loi 27 marque un tournant important dans la façon dont les organisations abordent la santé au travail. Les risques psychosociaux méritent autant d’attention que les risques physiques que les organisations ont depuis longtemps l’habitude de gérer. 

Pour les employeurs, ça veut dire examiner de près les conditions qui façonnent l’expérience quotidienne des employés. 

Pour les gestionnaires, ça veut dire prendre conscience de leur influence sur cette expérience. 

Et pour les employés, ça veut dire évoluer dans un milieu où leurs contributions sont remarquées, leurs efforts valorisés et leur voix entendue. 

La reconnaissance ne réglera pas tous les défis en milieu de travail, et elle ne devrait pas être présentée comme une solution miracle aux risques psychosociaux. Mais quand elle fait partie intégrante de la gestion au quotidien et de la culture organisationnelle, elle peut être une façon concrète de créer un environnement où les gens se sentent valorisés et soutenus. 

Alors que les organisations continuent de s’adapter à l’évolution des exigences québécoises en santé et sécurité du travail, c’est le moment de se demander si vos pratiques de reconnaissance sont à la hauteur. 

FAQ

Q1 : Qu’est-ce que la Loi 27 au Québec?
La Loi 27, officiellement la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST), met à jour les règles québécoises en santé et sécurité du travail. Elle oblige les employeurs à identifier, analyser et prévenir les risques psychosociaux de la même façon que les risques physiques.

Q2 : Qu’est-ce que les employeurs doivent mettre en place en vertu de la Loi 27?
Depuis le 1er octobre 2026, les organisations de 20 travailleurs et plus doivent avoir un programme de prévention complet et un comité de santé et de sécurité. Celles de moins de 20 travailleurs doivent avoir un plan d’action. Dans les deux cas, les risques psychosociaux doivent être pris en compte.

Q3 : Le manque de reconnaissance est-il considéré comme un risque psychosocial?
Oui. La CNESST considère la faible reconnaissance au travail comme un facteur de risque psychosocial, au même titre que la charge de travail, l’autonomie, le soutien social et la justice organisationnelle.

Q4 : Comment intégrer la reconnaissance à mon plan de prévention?
Commencez par trois volets : la formation de vos gestionnaires à reconnaître leurs équipes de façon précise et au bon moment, la reconnaissance entre pairs et la révision vos programmes RH, comme la reconnaissance des années de service, pour vous assurer qu’ils sont équitables, constants et significatifs.

Q 5 : La reconnaissance suffit-elle à prévenir les risques psychosociaux?
Non. À elle seule, la reconnaissance ne préviendra pas l’épuisement professionnel et ne remplace pas le travail nécessaire pour s’attaquer à la surcharge, aux attentes floues ou aux mauvaises conditions de travail. Mais se sentir valorisé au travail fait partie de l’équation et mérite une place dans votre évaluation des risques psychosociaux.

L' Auteure

Laiqa Madhavji

Spécialiste bilingue en contenue B2B

Avec près de 6 ans d’expérience dans le marketing de contenu B2B, Laiqa est spécialisée dans la création de contenus s’appuyant sur des recherches approfondies. Son travail couvre divers formats, tous conçus pour répondre aux vrais enjeux du lecteur et contribuer à la réalisation des objectifs de l’entreprise.